L’évolution numérique au Moyen-Orient par Bashar Kiwan

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Pour les occidentaux, le Moyen-Orient désigne la région comprise entre la rive orientale de la mer Méditerranée et la ligne tracée par la frontière entre l’Iran et le Pakistan. Cette partie du monde, en plein développement et en pleine croissance, vit, actuellement, en accéléré et de manière amplifiée la transition numérique que le continent européen a vécu a vécu ces dernières années. Depuis les années 2000, le Moyen-Orient est plongé dans un contexte de développement rapide de la technologie et des médias. Cependant, les défis sont nombreux car la zone est confrontée à une forte concurrence et à un environnement à la forte pression fiscale et réglementaire. Bachar Kiwan, nous propose de revenir sur cette marche en avant et l’évolution numérique au Moyen-Orient.

Bachar Kiwan est le fondateur et le président de la compagnie al-Waseet International. Elle a été créé en 1992 au Koweït en partenariat avec deux figures influentes du pays Mohammad el-Outeybi et cheikh Sabah Jaber Sabah. Al-Waseet International (AWI) appartient au groupe Al-Wataniya qui possède également d’autres publications comme al-Balad et Layalina. Son siège social est situé à Dubaï. La compagnie est une grande maison d’édition qui est aussi spécialisée dans les médias. Par exemple, al-Waseet est un journal de petites annonces, Layalina est un mensuel people et al-Balad est un quotidien. De ce fait, l’entrepreneur Bashar Kiwan est très intéressé par l’évolution numérique du Moyen-Orient.

Au cours de cet article, nous reviendrons donc, avec lui, sur l’évolution numérique au Moyen-Orient au cours des années 2000 à 2010 avant de faire un point sur la situation actuelle dans cette zone du monde en plein développement. Pour finir, nous nous attarderons sur les perspectives d’avenir de ce secteur au travers des différentes actions menées par les startups notamment.

L’évolution numérique des années 2000 à 2010

Entre les années 2000 et 2010, le Moyen-Orient a subi une profonde modification numérique. Cette révolution a touché tous les secteurs médiatiques : les journalistes indépendants, les grandes chaînes de télévision, les journaux papiers. Ainsi, l’information circule beaucoup plus facilement et les échanges sont clairement simplifiés. Retour sur cette période de changement numérique.

La croissance des nouveaux médias au Moyen-Orient

La décennie entre les années 2000 et 2010 a été marquée par la croissance impressionnante des nouveaux médias dans le monde arabe suite au développement des télévisions satellitaires puis grâce à l’essor d’Internet. Selon Internet World Stats, qui recense les usages du web par les internautes, le Moyen-Orient comptait, en 2010 63 millions d’utilisateurs alors qu’ils n’étaient que 3 millions en 2000. Cette croissance peut notamment s’expliquer par la dénationalisation, la libéralisation des industries de la communication et l’adoption de nouveaux modèles économiques. Cette augmentation peut aussi s’expliquer par la transformation, la transmission et le partage du savoir. Par exemple, le domaine du marketing digital a connu une avancée fulgurante pendant cette période. D’après un rapport de Madar Research Group, une société d’études sur les technologies de l’information et de la communication basée à Dubaï, le budget publicitaire en ligne au Moyen-Orient a augmenté de 50% chaque année. La compagnie libanaise, Eastline Marketing, dépeint également le même tableau. Plus précisément, c’est la population, de par ses nouvelles habitudes de consommation, qui a initié et propulsé ce changement sans précédent. Dans tous les pays, on remarque que des espaces publics se créent et permettent de favoriser la participation active entre les citoyens. Ces nouvelles pratiques participent grandement à l’explosion des nouvelles technologies numériques dans les pays du Moyen-Orient et contribuent à redéfinir la configuration du paysage sociopolitique, religieux et économique.

Les enjeux importants d’Internet et des médias

Grâce à la propagation d’Internet dans les pays du Moyen-Orient, on s’est très vite aperçu qu’un large panel de sujets intéressaient les internautes. Ces sujets, souvent politisés, ont été l’objet d’intenses débats. Bien entendu, les médias traditionnels (presse, télévision, radio) ont toujours un rôle important mais les populations ne se contentent plus de ces médias pour se forger leur propre avis et s’informer. En effet, elles utilisent, depuis les années 2000, grandement Internet pour avoir un autre point de vue sur des situations parfois compliquées. Ainsi, les professionnels du secteur comme Bachar Kiwan, ont vu se développer les communautés d’Internet : blogueurs, activistes, militants, etc. De plus, bien que la plupart des initiatives soient individuelles, ces personnes peuvent aussi se réunir en communauté de plusieurs individus et s’organiser collectivement via les réseaux sociaux comme Facebook, par exemple. Le cas des blogs est assez représentatif de l’évolution numérique qui a actuellement lieu dans les pays du Moyen-Orient. En 2010, on en dénombrait 30 000. Certains de ces blogs sont suivi par des milliers de personnes et leur audience est de qualité. Ces blogs, consultés par des locaux, sont même lus par des militants, des politiciens, des journalistes et des académiciens. Leur poids est tellement important que des journaux papiers classiques citent des blogs comme sources de leurs articles. On peut par exemple citer : Al-Masry Al-Youm en Égypte, ou al-Balad, qui appartient à Bachar Kiwan, au Liban. La multiplication des blogs peut s’expliquer par le fait que ce sont des outils très simples à mettre en place et très abordables. De plus, ils constituent une plateforme idéale de partage et d’expression libre. On remarque aussi que de nombreux blogueurs remplacent le rôle de journaliste et deviennent même des lanceurs d’alerte.

Les réseaux sociaux au Moyen-Orient

Grâce à la démocratisation d’Internet, les réseaux sociaux ont aussi vu, pendant la décennie 2000-2010, leur nombre d’utilisateurs largement augmenté surtout auprès des jeunes générations. Au Moyen-Orient, les réseaux sociaux les plus utilisés sont : Youtube, Facebook, Twitter et LinkedIn. Dans des pays comme l’Egypte et le Liban, le taux d’utilisation est même de 70%. Il est intéressant de noter que des interfaces sur mesure ont été développées par les grands noms d’Internet afin d’être adaptées à la langue arabe. De même, des sites « natifs » ont été créés et sont uniquement accessibles pour ce public. Pourtant, les utilisateurs des interfaces arabophones sont plutôt minoritaires puisqu’ils ne représentent que 25% de internautes. On remarque aussi qu’ils sont de plus en plus nombreux à se détourner des sites anglophones pour se diriger vers des sites en arabe. Cette tendance est un véritable indicateur du fait que les internautes au Moyen-Orient recherche de plus en plus du contenu culturel qui répond aux particularités de leur région. Le numérique, bien qu’il contribue au changement des mœurs, est tout de même largement influencé par les pratiques culturelles, les religions, la politiques et les facteurs socio-économiques. L’essor des réseaux sociaux, et par extension, d’Internet a aussi modifié le rapport que les nouvelles générations entretiennent avec l’actualité. Ainsi, différents groupes se sont formés.

Les obstacles au développement des outils numériques

Bien que la révolution numérique soit en marche dans les pays du Moyen-Orient, toutes les populations ne sont pas égales face à ses innovations. En effet, de nombreuses personnes considèrent qu’Internet est encore réservé aux privilégiés et n’atteint pas encore l’ensemble de la société arabe. Les personnes situées dans les zones défavorisées, par exemple, ne sont pas connectées. Le développement du réseau n’est pas optimal et réparti de manière équitable entre les territoires. En effet, ce développement est lié à la situation économique des différents pays. On ne peut donc pas dire que toutes les régions sont égales face à cette révolution numérique. Surtout que les médias se concentrent, avant tout, sur les zones fortement urbanisées et donc grandement peuplées. Depuis les années 2010, la situation a-t-elle réellement changée ?

Etat des lieux de la situation numérique du Moyen-Orient aujourd’hui

Une étude réalisée par l’Université Northwastern à Qatar, montre que l’usage des médias au Moyen-Orient, en 2017, est de plus en plus tourné vers les réseaux sociaux et Internet. Cette étude a eu pour but d’analyser les habitudes médiatiques de 7000 arabes, originaires de 7 pays différents : Émirats Arabes Unis (EAU), Liban, Arabie Saoudite, Jordanie, Qatar, Tunisie et Egypte. On peut donc sans problème dire que la situation a avancé depuis les années 2010. Retour sur cette étude pleine d’enseignement.Une étude réalisée par l’Université Northwastern à Qatar, montre que l’usage des médias au Moyen-Orient, en 2017, est de plus en plus tourné vers les réseaux sociaux et Internet. Cette étude a eu pour but d’analyser les habitudes médiatiques de 7000 arabes, originaires de 7 pays différents : Émirats Arabes Unis (EAU), Liban, Arabie Saoudite, Jordanie, Qatar, Tunisie et Egypte. On peut donc sans problème dire que la situation a avancé depuis les années 2010. Retour sur cette étude pleine d’enseignement.

L’usage d’Internet en nette progression

La révolution numérique, comme dans tous les pays où elle a eu lieu a fait plusieurs victimes : la presse papier et la radio. Les pays du Moyen-Orient n’échappent pas à la règle puisque l’étude montre clairement que le taux de lecture des journaux et des magazines et les audiences de la radio ont largement diminué. Pour les journaux, le taux de lecture est passé de 47% en 2013 à 25% en 2017 ; pour la radio, les audiences ont baissé de 59% en 2013 à 49% en 2017 ; enfin le taux de lecture des magazines est passé de 26% en 2013 à 19% en 2017. Alors que de son côté, Internet connaît toujours plus de succès : 63% en 2013 et 84% en 2017, soit une augmentation de 21%. Il est également intéressant de signaler que l’usage de la télévision n’a pas trop diminué, passant de 98% en 2013 à 93% en 2017. Les professionnels de la presse, comme Bashar Kiwan, doivent maintenant s’adapter face à ses nouvelles habitudes. Il est également intéressant de signaler que l’utilisation de la langue arabe en ligne a continué d’augmenter depuis 2010, proportionnellement à la hausse des internautes.

Les smartphones de plus en plus utilisés

Depuis 2015, les utilisateurs de smartphones ne cessent d’augmenter contrairement aux personnes qui utilisent un ordinateur portable ou de bureau. Ainsi, on note que quasiment tous les habitants des Emirats Arabes Unis (99%), du Qatar (95%), de l’Arabie Saoudite (93%) et du Liban (91%) possèdent un téléphone portable intelligent. Les Jordaniens et les Tunisiens sont un peu moins nombreux, respectivement 83% et 65%. Cet outil technologique modifie aussi grandement le rapport que les habitants du Moyen-Orient ont avec l’information et l’actualité. De ce fait, un peu plus de la moitié des sondés utilisent des applications d’actualité pour se tenir informés et un peu plus d’un quart les utilisent quotidiennement. C’est d’ailleurs une activité très populaire en Arabie Saoudite (85%) et aux Emirats Arabes Unis (86%) contrairement en Jordanie (52%), en Tunisie (49%), au Liban (42%) ou au Qatar (33%). Les nouveaux usages de l’information, via les smartphones, forcent, aussi, les professionnels des médias traditionnels, comme Bachar Kiwan, à s’adapter. L’utilisation des réseaux sociaux en hausse L’utilisation des smartphones en hausse s’accompagne forcément d’une augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux. C’est, d’ailleurs, le média social WhatsApp qui est classé à la première position des applications utilisées par les habitants du Moyen-Orient (67%). En seconde et en troisième place, on retrouve, respectivement Facebook (63%) et Youtube (50%). Cette utilisation massive des réseaux sociaux, qui accompagne l’évolution numérique au Moyen-Orient, pousse les professionnels du secteur des médias (télévision, presse écrite, radio, etc.) a modifié leur mode de fonctionnement. Ces outils numériques peuvent être une réelle opportunité d’augmenter leurs audiences. Par exemple, la presse écrite se doit de passer au numérique si elle veut survivre : développement d’un site web qui propose les mêmes articles que la version papier, utilisation des réseaux sociaux pour communiquer (relayer les articles, informer les lecteurs, etc.). De même, la télévision peut se tourner vers Internet pour proposer ses programmes en VOD (Vidéo à la Demande Video On Demand, en anglais) et la radio peut retransmettre, en ligne ses émissions et ses podcasts. Même si elle a un impact très fort sur les médias traditionnels, la révolution numérique qui s’opère actuellement au Moyen-Orient peut être une formidable opportunité de développement pour les médias qui parviennent à prendre le virage dans les meilleures conditions. Néanmoins, la révolution numérique ne s’arrête pas là. Elle représente aussi des perspectives d’avenir dans les domaines politiques, économiques et sociaux.


Les perspectives d’avenir

Pour de nombreux experts, Internet joue un rôle important dans les transformations politiques et sociales qui sont en cours dans les pays du Moyen-Orient. Les réseaux sociaux, par exemple, ont réinventé l’activisme social et contribuent à la transmission du savoir et des nouvelles pratiques. De plus, il faut savoir que la révolution numérique concerne aussi l’économie du Moyen-Orient. Ainsi, on voit de nombreux projets qui tournent autour des nouvelles technologies se créer. Les startups jouent d’ailleurs un rôle très important dans cette révolution numérique.Pour de nombreux experts, Internet joue un rôle important dans les transformations politiques et sociales qui sont en cours dans les pays du Moyen-Orient. Les réseaux sociaux, par exemple, ont réinventé l’activisme social et contribuent à la transmission du savoir et des nouvelles pratiques. De plus, il faut savoir que la révolution numérique concerne aussi l’économie du Moyen-Orient. Ainsi, on voit de nombreux projets qui tournent autour des nouvelles technologies se créer. Les startups jouent d’ailleurs un rôle très important dans cette révolution numérique.

Startups, nouveaux projets

Les pays du Moyen-Orient lancent beaucoup de projets dans le domaine des nouvelles technologies et du numérique. Ils passent d’ailleurs énormément par l’intermédiaire des startups. Pour promouvoir, la création de startups dans les nouvelles technologies et le numérique, la Banque du Liban a mis en place la « circulaire 331 » qui garantit le capital investi par les banques dans les startups libanaises. Ce dispositif a clairement facilité les choses puisqu’aujourd’hui un entrepreneur peut démarrer une entreprise de technologie au Liban et avoir accès à du capital-risque. Ainsi, il pourra avoir un financement et un savoir-faire pour développer son entreprise à l’internationale. Cependant, le Liban n’est pas le seul pays à aider les entrepreneurs. En effet, les Emirats Arabes Unis sont aussi de la partie. Dubaï, la première ville du pays, joue un rôle majeur dans le développement de nouveaux projets, surtout au niveau des startups. En 2017, plus de 560 millions de dollars ont été levés par 260 startups à Dubaï. Cependant, les professionnels du secteur, comme Bachar Kiwan, déplorent le fait que l’accent soit essentiellement mis sur Dubaï car d’autres pays du Moyen-Orient jouent aussi un rôle très important dans cette révolution numérique. On peut, par exemple, citer l’Egypte qui possède une grande scène de startups et le Maroc qui est très bien positionné pour l’Afrique de l’Ouest.

En résumé, depuis les années 2000, on constate que la révolution numérique et la digitalisation du secteur entrepreneuriale dans les pays du Moyen-Orient n’a fait que de progresser. Maintenant, la quasi-totalité des habitants de cette zone possède un smartphone et a une connexion Internet permanente. On constate aussi que la population utilise de plus en plus les réseaux sociaux et les blogs pour communiquer, échanger des idées et partager leur vision du monde. D’un autre côté, plus économique, les pays du Moyen-Orient, comme le Liban, le Maroc, l’Egypte ou encore les Emirats Arabes Unis sont des réservoirs inépuisables de talents. Dans ces régions, de nombreux jeunes se lancent dans la création de startups spécialisées dans les nouvelles technologies et le numérique. Ces pays ont d’ailleurs mis en place des dispositifs d’aide comme la « circulaire 331 » au Liban. Le numérique représente donc une formidable opportunité de développement pour tous les pays du Moyen-Orient. Cependant, les médias traditionnels, dans lesquels travaillent Bashar Kiwan, comme la presse écrite, la télévision ou la radio, doivent s’adapter à ces nombreux changements pour ne pas sombrer. Pourtant, si le virage est bien négocié, les outils numériques peuvent représenter une formidable opportunité de développement.

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